2017.10.25
Présentation de la Voie du thé au Palais de la Culture en Algérie

L’Algérie est déjà le troisième pays africain que je visite en l’espace de dix mois.
Comme à chacune de mes précédentes visites, des membres de l’Ambassade du Japon m’attendaient à la porte d’immigration. Ils m’ont, pour ainsi dire, pris par la main et accompagné dans les formalités d’entrée.
Cette fois-ci, j’avais été invité dans le cadre de la Japan Week organisée à l’occasion du 55ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Japon et l’Algérie.
À la suite de l’excellente appréciation exprimée par les personnes concernées à propos de la démonstration de thé que j’avais réalisée lors de la cérémonie de juillet dernier, nous avons été deux à être invités cette fois-ci : moi-même et M. Hideaki Kimura, maître potier de Bizen-yaki.
J’ai été chargé de donner une conférence d’une heure et demie accompagnée d’une démonstration de cérémonie du thé, tandis que M. Kimura était invité à présenter ses œuvres en Bizen-yaki au Palais de la Culture.
De nombreux autres professionnels de différents domaines avaient également été réunis : artistes réalisant des portraits, calligraphes, spécialistes de l’origami, et bien d’autres.
Il s’agissait pour moi de ma troisième visite en Algérie et de ma troisième démonstration de thé, mais chacune avait une signification très différente.
La première avait pour objectif d’offrir, par le thé, une hospitalité aux personnalités gouvernementales invitées à un dîner à la résidence de l’Ambassadeur.
La deuxième consistait à présenter le thé lors d’une cérémonie organisée par le Gouvernement japonais.
Et cette fois-ci, mes invités étaient de jeunes Algériens qui aiment profondément le Japon.
Mon expérience de Japan Touch 2016 à Lyon, l’année dernière, m’a cette fois été particulièrement utile.
J’ai commencé par expliquer non pas directement ce qu’est la cérémonie du thé, mais quelque chose d’encore plus fondamental : ce qu’est le thé lui-même.
Après tout, beaucoup des enfants assis devant moi n’avaient jamais vu de cérémonie du thé japonaise de leur vie.
Ils m’ont écouté avec une attention remarquable. Parmi tous les moments de cet événement, ce sont sans doute les regards de ces jeunes qui m’ont donné le sentiment de la plus grande curiosité et de l’enthousiasme le plus sincère.
Pendant le temae, j’ai demandé au public de ne pas parler, tout en projetant sur un écran les différentes étapes de mes gestes.
Même les personnes assises au fond de la salle pouvaient ainsi comprendre ce que j’étais en train de faire à chaque instant.
Après la démonstration, les enfants sont venus se rassembler autour de la scène. Je leur ai expliqué les différents ustensiles et j’ai continué à leur parler du thé et de la culture japonaise.
Certaines de leurs questions étaient particulièrement amusantes.
Ils nous appelaient, M. Kimura et moi, « samouraïs » à cause de nos hakama, et certains, en montrant nos kimonos, nous demandaient de quels personnages d’anime nous étions les costumes.
Je me suis alors demandé si certains d’entre eux avaient réellement compris le temae.
Mais après tout, c’est parfaitement compréhensible. Lorsqu’on n’a jamais vu quelque chose auparavant, comment pourrait-on immédiatement en comprendre le sens ?
Cette expérience m’a une nouvelle fois fait prendre conscience de la nécessité de faire davantage connaître la Voie du thé.
Ils étaient si nombreux à vouloir poser des questions que, pour les plus simples, il semble même que des membres de l’Ambassade et l’agent chargé de notre sécurité, qui se trouvait à côté de moi, aient participé aux réponses.
Puis, lorsque j’ai accepté de prendre quelques photographies avec eux, une longue file s’est immédiatement formée : chacun voulait son tour.
Le fait qu’ils aient attendu patiemment leur tour, en respectant parfaitement l’ordre de la file, m’a beaucoup touché et m’a fait ressentir leur sincérité et leur innocence.
Transmettre quelque chose à des personnes qui n’en savent absolument rien est une responsabilité considérable.
Mais si personne ne fait le premier pas, rien ne changera jamais.
Pour ces enfants qui aiment déjà profondément le Japon, cette rencontre constituait sans aucun doute une occasion exceptionnelle d’en découvrir davantage sur notre pays et sa culture.
J’ai maintenant visité l’Algérie à trois reprises et, à chaque fois, j’ai essayé, à ma manière, d’imaginer de nouvelles façons de faire découvrir la culture du thé aux Algériens.
Je me suis moi-même attaché à ce pays. Si une nouvelle occasion se présente, je serai donc heureux d’y revenir.
Mais au-delà de ma propre expérience, j’espère sincèrement que de nombreux autres maîtres et pratiquants de thé viendront en Algérie pour y faire découvrir le thé comme une expression globale de la culture japonaise.
Enfin, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence M. Seiya Fujiwara, Ambassadeur du Japon en Algérie, et à son épouse, ainsi qu’à l’ensemble du personnel de l’Ambassade du Japon en Algérie, pour leur accueil chaleureux et leur généreux soutien.






