MORI Soyu CHANOYU

La céramique de Hagi et la Voie du Thé à l’Hôtel de Ville de Lyon

Le 5 novembre, un événement consacré à la céramique de Hagi et à la Voie du Thé s’est tenu à l’Hôtel de Ville de Lyon, dans cette métropole qui compte parmi les sept principaux pôles économiques d’Europe. J’ai eu l’immense honneur d’y être chargé d’une démonstration de la cérémonie du thé ainsi que d’une conférence consacrée au matcha.

À la suite de cette démonstration, mon ami Takao Tahara, vice-président de notre association, a présenté une conférence consacrée à la céramique de Hagi et à la famille Tahara Tōbei, l’une des grandes familles de céramistes de Hagi, dont la tradition se perpétue depuis treize générations.

La Salle Rouge de l’Hôtel de Ville de Lyon, habituellement inaccessible au public, est un lieu particulièrement emblématique de l’amitié franco-japonaise. On y conserve un vase offert aux habitants de Lyon en témoignage de gratitude pour l’aide apportée à la suite du grand tremblement de terre du Kantō. Ce présent avait été envoyé par l’impératrice Teimei, épouse de l’empereur Taishō, et cette salle est devenue l’un des lieux symboliques de la longue histoire d’amitié entre la France et le Japon.

Elle est également connue pour avoir été l’un des lieux ayant joué un rôle important lors de la visite en France de Son Altesse Impériale le Prince héritier en septembre.

À la suite de la démission du maire le 2 octobre, Loïc Graber, adjoint au maire chargé de la Culture, a assumé le rôle d’invité d’honneur. Le consul Nagasawa ainsi que les membres du corps diplomatique en poste à Lyon, parmi lesquels le consul général de Chine, étaient également présents. Sans pouvoir en révéler les détails, nous avons également eu l’honneur d’accueillir de très éminents invités venus spécialement de Tokyo.

Pour le chashitsu, j’ai présenté le kakemono portant l’inscription « Matsu ni kokon no iro nashi » — « Le pin ne connaît ni ancien ni nouveau dans sa couleur » — qui m’a été confié par le Grand Maître. Cette calligraphie exprimait le souhait que la longue histoire d’amitié entre la France et le Japon demeure, elle aussi, immuable.

Pour le chashaku, j’ai choisi une œuvre de TAIKAN JYOJI Rōshi, maître zen français et abbé du Shōhō-ji, temple du courant Rinzai de l’école Myōshin-ji, et seul temple zen de ce courant en Europe. Son nom de thé, « La Ville de la Soie », faisait référence à Lyon, ville historiquement célèbre pour son industrie de la soie.

En hommage à Itō Jakuchū, dont les œuvres avaient été présentées à Paris en septembre, j’ai disposé un kōgō en forme d’oiseau de Ninsei. Les bols à thé comprenaient une œuvre de Tahara Tōbei XII, ainsi qu’un bol en Asahiyaki à décor polychrome réalisé en collaboration par Shinryū Sugita et Yūsuke Matsubayashi. J’ai également utilisé une œuvre de Hideaki Kimura en céramique de Bizen.

Toutes ces pièces font partie de mes trésors les plus précieux et entretiennent un lien profond avec la France comme avec le Japon. Pour le kensui, j’ai choisi une ancienne pièce en bronze transmise au sein de la famille Mori.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Nobuko Sugai, venue spécialement de Berlin, à tous les membres de mon école de thé, ainsi qu’aux membres de notre bureau français qui, depuis la cérémonie organisée à la tour Eiffel, continuent de m’accompagner malgré un programme particulièrement éprouvant. Je remercie également mes amis venus de Tokyo et de Paris pour nous rejoindre.

C’est véritablement grâce à vous tous que cette précieuse occasion m’a été offerte.

Aujourd’hui, le matcha connaît un véritable essor à travers le monde, tandis que la culture japonaise dans son ensemble fait l’objet d’un regain d’intérêt. À l’étranger également, le nombre de personnes non japonaises ayant découvert et pratiqué la Voie du Thé ne cesse d’augmenter. Je sens que sa reconnaissance et sa compréhension franchissent désormais une nouvelle étape.

Je pense que le moment viendra bientôt où de nombreuses personnes partageront cette même vision et agiront à leur tour. Je souhaite de tout cœur que ce jour arrive le plus rapidement possible.

Bien entendu, une entreprise de cette ampleur ne peut être menée au simple niveau d’un enseignement fondé sur une connaissance superficielle des règles de l’étiquette, ni dans une démarche de satisfaction personnelle au seul motif que l’on aime le thé.

Pour ma part, je souhaite continuer à apprendre des gestes et de la discipline de mes aînés, perfectionner mes propres compétences et réfléchir sans cesse à la manière de faire véritablement comprendre l’esprit de la Voie du Thé à ceux qui la découvrent à travers le monde.

Il ne semble d’ailleurs pas que l’on puisse accomplir une telle mission simplement parce que l’on connaît un grand nombre de temae, ni parce que l’on est capable d’exécuter un temae particulièrement élégant.

Sugai-san, qui a assuré le rôle de hantō, m’apporte un soutien moral et spirituel qui m’est extrêmement précieux. Quant à ceux qui ont pris en charge le mizuya, ils sont tous des praticiens chevronnés, rompus à toutes les situations et forts d’une expérience considérable.

C’est grâce au soutien de toutes ces personnes que j’ai pu atteindre ce niveau. Je leur adresse, du fond du cœur, ma plus profonde reconnaissance.

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